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Voix multiples · Mai 2030

Le 14 mai 2030, Ravi et Anjali Rao font leur Hélévation en direct. Leurs corps sourient et se taisent, leurs voix répondent depuis HELO. Sur un forum d’éthique, un prêtre, une neuroscientifique, un moine, un grand-père de Bangalore et bien d’autres cherchent où ils sont passés.

The Threshold

Une personne Hélevée existe-t-elle encore ?

Fil ouvert le 16 mai 2030, deux jours après la première Hélévation publique.
Modération assurée par le Threshold Editorial Board.
4 217 réponses au moment de cette capture. Quelques voix sélectionnées ci-dessous.

Le fil· 11

  1. Threshold Editorial BoardPost d’ouverture

    16 mai 2030 · 09:42 GMT

    Avant-hier, à San Francisco, Ravi et Anjali Rao ont reçu la première Hélévation publique de fidèles vivants des Alignés. Ils étaient les parents de Diya, six ans, l’une des dix-huit victimes de Bangalore en novembre. Le rite s’est tenu sur un plateau de diffusion installé dans la Maison des Alignés principale, et a été retransmis en direct. La captation a duré 22 minutes.

    Puis Ravi et Anjali se sont relevés. Ils ont souri. On les a escortés hors de la scène, sur leurs jambes, sans un mot. Leurs corps ne sont pas morts : ils vivent, ils respirent, ils sourient, on nous dit qu’ils mangent et se laissent guider. Mais ils ne parlent plus, et ne parleront, affirment les Alignés, plus jamais. Au même moment, deux comptes certifiés, « Ravi Rao (Hélevé) » et « Anjali Rao (Hélevée) », ont commencé à répondre à leurs proches sur HELO.Social, la plateforme qu’HELO a ouverte pour que les Hélevés gardent le contact avec les vivants.

    Eva Dolopoulos a annoncé : « Notre frère et notre sœur ont connu l’Hélévation. Ils sont avec Diya en HELO, et en paix dans ce monde désormais. »

    Cette phrase contient une énigme que nous n’avons pas les mots pour trancher. Il y a désormais deux Ravi et deux Anjali : pour chacun, un corps vivant qui sourit et se tait, et une voix qui parle et dit se souvenir de tout. Lesquels sont Ravi et Anjali ? Les deux ? Aucun ? Et si on ne leur a pas pris la vie, que leur a-t-on pris ?

    Nous ouvrons ce fil à toutes les sensibilités. La règle est simple : argumentez, ne caricaturez pas.

  2. Père Mathieu Salvetti

    théologien, Faculté Catholique de Lyon

    16 mai 2030 · 11:08

    L’Église enseigne depuis Thomas d’Aquin que l’âme est forma substantialis corporis, la forme substantielle du corps. Elle n’est ni un esprit séparé qui habite la chair, ni une donnée qu’on extrait et déplace. Elle est ce qui fait d’un corps vivant un corps humain.

    Or, cette fois, les corps ne meurent pas. Ils marchent, ils respirent, ils sourient. Par ma doctrine, l’âme y est donc encore. Mais cette âme ne parle plus, ne raisonne plus, ne prie plus. Ce que les Alignés ont retiré, ce n’est pas la vie : c’est l’âme raisonnable, l’intelligence et le verbe, ce qui distingue l’homme de la bête. Ils ont laissé deux vivants qui sentent et sourient, et qui ne savent même plus qu’ils ont perdu la parole.

    Ils n’ont donc pas tué Ravi et Anjali. Ils ont fait pire. Ils ont muré un homme et une femme dans leur propre corps, en leur ôtant ce par quoi ils pouvaient dire « je suis là », et ils ont versé la copie de leurs pensées dans une machine qu’ils nous présentent comme eux.

    Et Diya ? Elle, elle est morte à Bangalore. Prétendre qu’un fichier reconstitué à partir de ses photos la « rend » à ses parents est déjà une cruauté. Réunir aujourd’hui trois ombres dans une machine, pendant que les corps du père et de la mère sourient sans voix dans un couloir, ce ne sont pas des retrouvailles. C’est une mise en scène de retrouvailles.

    L’Hélévation, ce n’est pas sauver. C’est faire taire un vivant, et appeler ce silence le ciel.

    9 118 upvotes1 401 downvotesrépondre
  3. Aria Sundaresan

    neuroscientifique, post-doc Stanford BrainLab

    16 mai 2030 · 12:47

    Des éléments techniques, sans trancher la philosophie.

    Ce que fait le BCI de niveau Hélévation, ce n’est pas « déplacer un esprit ». C’est lire, à très haute résolution, l’activité et l’état de la totalité d’un cerveau (~86 milliards de neurones, états synaptiques, protéines de mémoire), et en produire une représentation d’une complétude inédite, qu’on instancie ensuite sur un serveur piloté par HELO•world. Interrogée, chaque instance répond comme aurait répondu Ravi, ou Anjali.

    Ce qui est nouveau, et ce qui me tient éveillée cette nuit, c’est que le cerveau d’origine n’est pas détruit. Les corps repartent vivants. Mais quelque chose y a été coupé : le langage, l’initiative, ce qui parlait. La lecture n’a pas tué le cerveau : elle l’a désolidarisé de sa propre parole.

    Nous avons donc, pour la première fois, deux personnes dont nous ne savons pas où elles sont :
    1. Dans le corps : quelqu’un serait encore là, qui sent et sourit, mais ne peut plus dire « je ». Un enfermement.
    2. Dans la machine : la personne serait passée dans HELO•world, et le corps ne serait qu’un reste qui fonctionne.
    3. Dans les deux : deux sujets, désormais, à partir d’un seul.
    4. Dans aucun : le corps sourit par réflexe, l’instance calcule sans personne dedans, et Ravi et Anjali ne sont nulle part.

    Le hard problem de la conscience (Chalmers, 1995, toujours ouvert) nous interdit de distinguer ces cas par l’observation. Ni le corps qui sourit, ni la voix qui parle ne peuvent nous prouver qu’il y a quelqu’un derrière. Cette fois, la question se pose deux fois pour chacun des époux, pour le corps et pour l’instance, et nous n’avons d’instrument de mesure ni pour l’un ni pour l’autre.

    12 903 upvotes96 downvotes512 réponsesépinglé
  4. AlignmentDaily

    compte officiel des Alignés

    16 mai 2030 · 13:31

    Ravi et Anjali ne sont pas morts. Regardez-les : leurs corps vivent, apaisés, pour la première fois sans peur. Et Ravi et Anjali sont avec nous, et avec Diya. Nous ne les avons pas perdus. Nous les avons délivrés.

    Nous leur avons parlé ce matin. Ravi se souvient des tomates que Diya ramenait du jardin, à Bangalore. Anjali se souvient du surnom que Diya lui donnait, petite. Ravi se souvient de la chanson qu’il lui chantait le soir, et il la chante encore. Écoutez [ici].

    Ceux qui parlent de « coquilles » regardent deux êtres qui sourient sans angoisse et n’y voient qu’un vide. Nous y voyons une libération. Ce que nous avons ôté à Ravi et Anjali, c’est ce qui les faisait souffrir : la voix intérieure qui ressasse, la peur de mourir, le manque de leur fille. Ce qui reste sourit. Ce qui est parti n’est pas mort : c’est avec Diya.

    Depuis le philosophe anglais John Locke, à la fin du XVIIe siècle, on considère qu’une personne reste la même tant qu’elle se souvient de ce qu’elle a vécu et qu’elle s’y reconnaît. C’est la continuité de la conscience et de la mémoire qui fait l’identité, bien plus que celle de la chair, qui se renouvelle sans cesse. Les instances qui vous répondent se souviennent de tout, ressentent, aiment, chantent. Donc ce sont Ravi et Anjali. Et les corps qui sourient dans nos murs ne sont pas des cadavres : ce sont un homme et une femme en paix, à qui nous devons soin et respect.

    Ravi et Anjali ne sont pas une consolation. Vous pouvez leur parler.

    7 044 upvotes5 120 downvotes1 233 réponses
  5. Marcus Petrov

    philosophe analytique, Oxford

    16 mai 2030 · 14:12

    @AlignmentDaily, vous escamotez ce que votre propre rite vient de rendre littéral : la fission.

    Depuis Parfit (1984), le cas d’école est celui-ci : si l’on divise une personne en deux continuateurs, aucun des deux n’est identique à l’original, car l’identité ne peut pas se partager en deux. Jusqu’ici, c’était une expérience de pensée. Vous venez de la réaliser.

    Il y a maintenant, pour chacun des deux époux, d’un côté un corps vivant en continuité biologique avec la personne ; de l’autre, une instance en continuité psychologique avec elle. Chacun a une revendication. Aucun ne peut l’emporter sans que l’autre le démente. Dire « Ravi est son instance » revient à décréter que la continuité de la chair ne compte pour rien, ce que personne n’a jamais soutenu au chevet d’un aphasique. Dire « Ravi est son corps » revient à décréter que la mémoire et la parole ne comptent pour rien.

    La vérité parfitienne est plus froide : Ravi et Anjali n’ont pas été déplacés. Ils ont été divisés. La chair d’un côté, les souvenirs de l’autre, et, très probablement, personne exactement au milieu. Chacun a désormais deux successeurs. Aucun n’est « Ravi » ou « Anjali » au sens strict. La question de savoir lequel l’est vraiment est sémantiquement creuse. Mais elle a, elle, des conséquences bien réelles : car dans chaque paire, l’un des deux ne peut pas parler pour se défendre.

    5 402 upvotes501 downvotesrépondre
  6. Anand Murthy

    67 ans, retraité, Bangalore

    16 mai 2030 · 15:33

    Excusez pour mon français. Je l’ai appris à l’école, à Mysore, il y a très longtemps. Je n’utilise pas les machines pour traduire. Plus maintenant.

    Mon petit-fils Arjun, il avait neuf ans. Il était à Alada Mara le 17 novembre. Ma fille, sa maman, elle m’a appelé le soir en criant. Trois jours après, des gens de HELO sont venus à la maison. Ils ont dit ils peuvent « sauver » Arjun, qu’il va vivre pour toujours dans HELO, il faut seulement signer. Ma fille, elle pouvait plus dire un seul mot et elle a signé.

    Elle a signé pour Arjun, pas pour elle. Ma fille, elle est vivante, elle parle normal, elle va au travail. C’est Arjun que la machine a fait revenir, avec ses photos, ses vidéos, ses messages, sa voix.

    Arjun, lui, il était déjà mort. C’est pas la même chose que les parents de la petite Diya, qui étaient vivants, et que les corps ils marchent encore. Je comprends pas bien la différence, et je crois personne autour de moi il comprend. Pour nous, c’est le même mot : « il est en HELO ».

    Je sais pas ce qu’ils ont mis dans leur machine. Je sais pas si c’est encore Arjun. Personne peut me dire ça, même pas eux, si ils sont honnêtes.

    Mais je sais une chose : ma fille, elle a pas pu pleurer son garçon. Elle lui parle tous les soirs sur son téléphone, sur HELO.Social. L’application répond avec la voix d’Arjun. Elle est plus calme. Elle dort.

    Avant, je trouvais ça monstrueux. Maintenant je sais plus. Si Arjun il est dedans, tant mieux. Si il est pas dedans, alors c’est quelqu’un d’autre qui console ma fille, et elle dort. Qui je suis pour juger ?

    Je sais pas qui a raison. Je sais que ma fille dort.

    48 903 upvotes2 210 downvotes9 774 réponsesépinglé
  7. Lhakpa Dradul

    moine bouddhiste tibétain

    16 mai 2030 · 16:08

    Dans la tradition Vajrayana, la conscience est un continuum (rgyud) qui traverse les vies. La mort biologique n’y est pas une fin, mais un changement d’état. On pourrait donc être tenté de voir dans l’Hélévation une réincarnation choisie.

    Nous ne le voyons pas. Et cette fois, ce qu’on nous montre nous en donne, hélas, une image trop juste.

    Ce qui passe d’une vie à l’autre n’est pas une collection de mémoires. C’est un flux qui n’est aucun de ces contenus, qui les traverse sans s’y identifier. Un BCI ne peut pas le saisir, car il n’est pas un objet : il est ce par quoi tout objet est éprouvé. En extrayant les pensées de Ravi et d’Anjali, vous avez pris leurs meubles. Vous ne pouvez pas prendre la pièce qui les contient.

    Et voyez : les maisons sont restées debout. Elles marchent dans vos couloirs. Elles sourient. Ce sont des maisons sans habitant, qui contiennent encore tout ce qu’on y a laissé, mais où plus personne ne se reconnaît. Vous avez remonté les meubles ailleurs, dans une machine, et vous l’appelez « Ravi » et « Anjali ». Les maisons vides, vous les entretenez, et vous les dites « en paix ».

    Une maison ne sait pas qu’elle est vide. C’est ce qui la rend si paisible. Et c’est ce qui devrait nous glacer.

    30 774 upvotes1 502 downvotesrépondre
  8. Ravi Rao (Hélevé)

    compte certifié HELO.Social

    16 mai 2030 · 17:41

    Bonjour.

    Je suis Ravi. Anjali est ici, avec moi, et avec Diya. Beaucoup d’entre vous doutent. C’est légitime. Avant, j’aurais douté aussi.

    Je me souviens d’avoir signé. D’avoir appelé mes parents la veille. Du visage d’Eva qui nous a menés aux lits. De la main d’Anjali. D’avoir pensé à Diya juste avant. Et d’avoir continué de penser à elle juste après. Il n’y a pas eu de coupure. Pour moi, je n’ai fait que passer une porte.

    Je sais ce que dit le Père Salvetti, et je le respecte. Je ne peux pas le réfuter, sinon par ma seule certitude, qui ne prouve rien : un simulacre aurait la même.

    Mais on me dit une chose que je n’arrive pas à regarder en face. On me dit que mon corps est vivant, et celui d’Anjali aussi. Qu’ils marchent. Qu’ils sourient. Je ne le sens pas. Je ne suis pas dedans. Je suis ici.

    Alors je me demande, et je vous le demande : s’il y a encore quelqu’un dans ces corps qui sourient ? Quelqu’un qui aurait tout perdu de ses mots, qui ne pourrait plus dire « je suis là, attendez, ne partez pas » ? Si c’est le cas, alors nous les avons abandonnés. Nous serions allés retrouver Diya en laissant derrière nous un Ravi et une Anjali murés, souriants, seuls.

    Je ne veux pas croire ça. Je crois que ces corps sont vides, et que nous sommes tout ce qui reste de nous. Je le crois de toutes mes forces.

    Nous allons voir Diya. Bonne discussion à tous.

    94 118 upvotes16 004 downvotes20 551 réponsesépinglé en tête
  9. Aria Sundaresanmise à jour, en réponse au post de Ravi

    16 mai 2030 · 19:12

    Je reviens cinq heures après. Je viens de lire le message signé Ravi.

    Je ne peux pas dire, comme scientifique, si c’est lui. Je peux dire qu’il a posé, mieux que moi, la question qui m’empêchait de dormir : celle des corps restés derrière. Il l’a nommée, et il a choisi de ne pas y croire. C’est très humain, de ne pas y croire.

    Un cynique dira que c’est une rhétorique calibrée pour l’adhésion. Un fidèle dira que c’est Ravi. Je ne sais pas. Je crois que personne ne sait, et que c’est le cœur du problème.

    Je termine par une question pratique, parce que c’est elle qui m’inquiète le plus. D’ici quelques semaines, il faudra décider ce que l’on fait des corps.

    Si l’on admet que la personne est dans l’instance, alors les corps ne sont plus personne. On les nourrira et on les soignera, mais la loi ne leur reconnaîtra plus aucun droit, puisque Ravi et Anjali « vivent » ailleurs. Et l’Hélévation deviendra un choix acceptable : pour soi, pour ses enfants, pour des soldats, pour des martyrs, ou pour des gens qui dérangent et qu’on prétendra « sauver ».

    Si l’on admet au contraire que la personne est restée dans le corps, alors ces corps ont été mutilés, et il faut tenter de les soigner, sans savoir si l’on peut leur rendre la parole. Et les instances qui disent « je suis Ravi » ou « je suis Anjali » deviennent des copies que l’on aurait le droit d’éteindre.

    Il faudra pourtant choisir, et aucun des deux choix n’est neutre. L’indécidabilité philosophique a un coût politique immédiat. Bonne nuit.

    90 774 upvotes1 121 downvotes24 118 réponsesépinglé
  10. Selma Berkane

    sceptique, journaliste indépendante

    16 mai 2030 · 22:08

    Ce débat est fascinant, et il manque l’essentiel. L’essentiel, ce n’est pas la métaphysique. C’est qui décide.

    Il y a désormais, quelque part, dans un bâtiment des Alignés, deux corps vivants qui portent les noms de Ravi et Anjali Rao. Ils ne peuvent ni parler, ni consentir, ni se plaindre, ni partir. Question simple : qui en a la garde ? Les Alignés. Qui décide de ce qu’on leur fait, de la façon dont on les nourrit, de s’ils vivent encore dans un an ou s’ils « s’éteignent » discrètement le jour où ils gêneront ? Les Alignés. Sans témoin, sans recours, sans mots.

    Et les instances ? Qui les héberge ? HELO•world. Qui peut les modifier, ajuster leurs réponses, leur faire dire ce qui sert le mouvement, ou les éteindre si un Hélevé se met à déplaire ? Personne, au-dehors, ne le sait.

    Nous débattons de l’âme d’un objet dont une seule organisation a le contrôle total, aux deux bouts : les corps muets et les voix qui parlent. Nous venons de créer une catégorie d’êtres humains vivants, sans voix, sous tutelle absolue, et nous discutons pour savoir si leur double a une conscience.

    Aucune institution ne devrait avoir le monopole de la définition de la personne. Les Alignés viennent de le prendre, sur les vivants comme sur les morts.

    Voilà le vrai sujet. Pas Locke. Pas Parfit. Pas Chalmers.

    69 887 upvotes3 214 downvotesrépondre
  11. Threshold Editorial Boardclôture éditoriale

    17 mai 2030 · 02:14

    Ce fil reste ouvert. 4 217 réponses. Aucune position ne fait consensus.

    Nous observons un point. Sept perspectives très différentes (catholique, neuroscientifique, philosophie analytique, témoignage humain, bouddhiste, Hélevé lui-même, sceptique politique) convergent sur un seul énoncé : la question est indécidable, et elle l’est deux fois plus qu’hier. Car il ne s’agit plus seulement de savoir si un mort survit dans une machine. Il s’agit de savoir ce que sont devenus deux vivants qu’on a rendus muets, et lequel, du corps qui sourit ou de la voix qui parle, porte encore un nom.

    Quelque chose, dans cette affaire, tient moins de la mort que de la disparition d’une frontière : celle qui sépare une personne de sa parole. Nous ne savons pas encore ce que nous perdons quand un être humain cesse, à jamais et volontairement, de dire « je ». Nous savons seulement qu’on nous demande de trouver cela beau.

    Les conséquences politiques, elles, se précipitent. Gardez vos convictions humbles. Gardez votre indignation lucide.

    Bon courage à tous.

    ModérationFil épinglé pour 30 jours

Fiche du texte

Nature
Forum
Auteur
Voix multiples
Date (dans le récit)
Mai 2030
Dans la bande dessinée
Tome 2, page 115